Ma vidéo sur la retraite en France disponible sur ma chaîne YouTube.
En 1965, il y avait 4,3 actifs pour chaque retraité en France. Aujourd’hui, ce ratio est tombé à 1,4. Et il continue de baisser. Ce chiffre, c’est le fondement même du problème que je veux vous exposer dans cet article, parce que la plupart des Français passent à côté de ce qu’il implique vraiment pour leur niveau de vie futur.
La vidéo ci-dessus couvre l’essentiel. Ici, j’approfondis les données chiffrées, les projections et les solutions concrètes, avec plus de détails que ce que permet le format vidéo.
Dans cette vidéo, j’aborde :
- Le problème démographique qui ronge lentement la retraite par répartition
- Ce que ça représente en euros sur votre pension future, avec un exemple concret
- Pourquoi les outils d’épargne classiques ne suffisent pas sur un horizon de 20 à 30 ans
- Le PEA et les ETF comme alternative accessible et fiscalement avantageuse
- Une simulation chiffrée pour mesurer l’impact du temps sur votre capital
Le système de retraite français est un système par répartition. Ce que vous cotisez aujourd’hui ne va pas dans un compte à votre nom. Ça finance directement les retraités d’aujourd’hui. Et quand vous serez à la retraite, c’est la génération suivante qui vous financera. Simple, élégant, et robuste… tant que les actifs sont suffisamment nombreux par rapport aux retraités.
Ce ratio d’équilibre s’est effondré en 60 ans. Et la glissade se poursuit.
Deux causes bien documentées expliquent cette tendance : l’espérance de vie qui augmente et la natalité qui ne suit pas. Ce n’est pas une catastrophe soudaine, c’est une pression lente et prévisible, documentée depuis des années par le COR, le Conseil d’Orientation des Retraites.
Ratio actifs / retraités en France (1950-2024)
Source : COR, données historiques. Chaque actif finance une part croissante d’un retraité.
Le résultat financier est concret : le COR projette un déficit du système de retraite d’environ 6 milliards d’euros d’ici 2030. La réforme de 2023, avec le recul de l’âge légal à 64 ans, ne comble pas ce gouffre. Elle le repousse simplement de quelques années. La prochaine génération de législateurs devra gérer exactement le même problème, amplifié.
- Le système par répartition repose sur un équilibre démographique qui se rompt progressivement depuis les années 1960
- Espérance de vie en hausse + natalité insuffisante : moins d’actifs financent plus de retraités
- Les réformes successives retardent l’échéance, elles ne règlent pas le problème de fond
Mettons des euros sur ce problème. Le taux de remplacement, c’est la part de votre dernier salaire que vous percevrez à la retraite. Un taux de 50% signifie que vous toucherez exactement la moitié de ce que vous gagniez en activité. Pas plus.
Pour un salarié cadre du privé, le COR estimait ce taux à 54% en 2020. Selon leurs projections, il passerait à 44% pour un départ en 2050. Sur un profil concret, ça donne :
- Salaire net en activité : 3 000 €/mois
- Pension projetée (taux 51,5%) : environ 1 545 €/mois
- Durée estimée à financer : 21 à 25 ans (espérance de vie après 65 ans)
Taux de remplacement d’un cadre du privé : la tendance sur 30 ans
Source : COR, rapport 2023. Cadre du secteur privé, carrière complète. Les barres représentent le % du dernier salaire net perçu à la retraite.
Et cette pension de 1 500 €, vous devrez la faire durer 20 à 25 ans. Sans compter l’inflation qui viendra rogner ce pouvoir d’achat chaque année. La vraie question devient : êtes-vous prêt à vivre avec la moitié de votre revenu actuel pendant deux décennies ?
Retour d’expérience : QuentinPour être honnête, quand j’ai regardé ces chiffres pour la première fois, j’ai trouvé ça vraiment inquiétant. On a tendance à voir la retraite comme un horizon lointain et abstrait. Mais les projections du COR concernent des actifs qui travaillent aujourd’hui, pas une génération hypothétique. C’est ce qui m’a décidé à ouvrir mon PEA en 2018 et à commencer à investir, même avec de petites sommes.
- Un cadre à 3 000 €/mois peut s’attendre à environ 1 500 €/mois à la retraite aux projections actuelles
- Le taux de remplacement baisse : 54% en 2020, 44% projeté en 2050 pour un cadre du privé
- Cette pension devra couvrir 20 à 25 ans de vie, hors impact de l’inflation
Le problème, ce n’est pas que les Français n’épargnent pas. Le taux d’épargne des ménages français est l’un des plus élevés d’Europe. Le problème, c’est que cette épargne se retrouve souvent dans des outils inadaptés à un horizon de 20 à 30 ans.
Le Livret A et le fonds euro : bons à court terme, insuffisants à long terme
Le Livret A et le fonds euro d’une assurance-vie sont deux excellents outils pour votre épargne de précaution : le matelas de sécurité disponible rapidement en cas de coup dur. Mais pour construire un capital sur 25 ans, le rendement réel de ces produits, une fois l’inflation déduite, est souvent proche de zéro. Et « ne pas perdre » n’est pas suffisant quand on vise à compenser une pension amputée de moitié.
L’immobilier : des barrières à l’entrée bien réelles
L’immobilier locatif est souvent cité comme la solution évidente. Il peut effectivement jouer un rôle dans une stratégie patrimoniale. Mais les contenus qui le valorisent sur Internet minimisent souvent ses contraintes réelles : apport initial significatif, gestion locative chronophage, fiscalité spécifique, risque de vacance, travaux imprévus. Ce n’est pas une solution accessible à tous, dans tous les contextes de vie.
- Livret A et fonds euro : indispensables pour la précaution, inadaptés pour construire un capital sur 25 ans
- L’immobilier locatif a des barrières à l’entrée et des contraintes de gestion souvent sous-estimées
- L’investissement en bourse via un PEA est une troisième voie, plus accessible et plus liquide
Le Plan d’Épargne en Actions est l’enveloppe fiscale que je considère comme incontournable pour un investisseur particulier en France. La raison est simple : la fiscalité, après 5 ans de détention, est nettement plus favorable que sur un compte-titres ordinaire.
La différence fiscale concrète
Après 5 ans de détention, vos plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu. Vous ne payez plus que les prélèvements sociaux : 18,6%. Contre 31,4% de flat tax qui s’applique sur un compte-titres ordinaire. Sur 25 ans d’investissement, cette différence de 12,8 points joue un rôle très concret sur le capital final.
Prélèvements sur les plus-values : PEA vs compte-titres ordinaire (après 5 ans)
PEA : prélèvements sociaux uniquement (18,6%), IR exonéré après 5 ans. CTO : PFU 2026 = 31,4% (12,8% IR + 18,6% PS).
Les caractéristiques clés du PEA
- Plafond de versement : 150 000 €
- Instruments éligibles : actions européennes, ETF synthétiques éligibles (dont des ETF monde)
- Fiscalité allégée après 5 ans : exonération de l’impôt sur le revenu sur les plus-values et dividendes
- Retraits possibles après 5 ans sans clôture obligatoire du plan
Trade Republic ou XTB : lequel choisir ?
En France, deux courtiers sont devenus incontournables sur ce segment : Trade Republic et XTB. Tous deux proposent un PEA, des ordres sans frais jusqu’à un certain seuil, et une interface conçue pour rendre l’investissement accessible. Mais leurs différences sont réelles, sur les fonctionnalités, les ETF disponibles ou l’ergonomie. J’ai fait un comparatif complet entre les deux.
Mon comparatif XTB vs Trade Republic disponible sur ma chaîne YouTube.
Et si vous voulez voir concrètement comment j’utilise le PEA d’XTB, comment je passe mes ordres et ce que je pense de la plateforme après plusieurs années d’utilisation :
Mon avis sur le PEA XTB disponible sur ma chaîne YouTube.
- Le PEA est l’enveloppe de base pour investir en France : 18,6% de prélèvements vs 31,4% sur un CTO, après 5 ans
- Plafond à 150 000 €, ETF monde accessibles via réplication synthétique
- Trade Republic et XTB sont les deux courtiers les plus accessibles pour ouvrir un PEA aujourd’hui
Je veux vous montrer, avec des chiffres, pourquoi j’insiste autant sur le fait de commencer tôt. Pas dans deux ans, pas quand le contexte sera « plus favorable ». Maintenant.
Le scénario de base
Un investisseur qui place 300 € par mois dans son PEA sur un ETF monde, avec une performance moyenne de 7% annuelle (données historiques MSCI World, hors garantie de performances futures). Deux scénarios, pour mesurer l’impact du temps :
- Scénario A : départ immédiat, sur 25 ans. Capital final : 243 000 €, dont 90 000 € versés et 153 000 € générés par les intérêts composés.
- Scénario B : attente de 5 ans, puis investissement sur 20 ans. Capital final : 158 000 €.
Impact du temps : 300 €/mois sur ETF monde à 7%/an (départ immédiat vs attente de 5 ans)
Simulation indicative. 300 €/mois, rendement brut 7%/an constant, avant fiscalité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
La différence entre les deux scénarios est de 85 000 €. Pour 5 ans d’attente. Ces 85 000 € ne viennent pas d’une augmentation des versements. Ils viennent uniquement du temps que vous n’avez pas accordé aux intérêts composés. Et ce temps perdu, vous ne le rachetez jamais.
Je veux quand même nuancer : cette simulation est volontairement simpliste. Dans la réalité, votre capital n’évolue pas de manière aussi linéaire. Les marchés fluctuent, les années peuvent être très bonnes ou très mauvaises. Mais le principe reste vrai : le temps est votre principal levier en bourse. Commencer tôt, même avec de petites sommes, est plus décisif que d’attendre pour investir davantage.
Retour d’expérience : QuentinJ’ai ouvert mon PEA en 2018, à un moment où je trouvais toujours une bonne raison d’attendre. Les marchés semblaient hauts. Le contexte géopolitique était incertain. J’aurais pu patienter encore un an. Avec le recul, je suis content d’avoir commencé malgré tout, pas parce que j’ai bien choisi mon timing, mais parce que chaque mois à ne pas investir, c’est des intérêts composés qui ne travaillent pas pour moi. C’est une évidence une fois qu’on la comprend vraiment.
- 300 €/mois sur 25 ans à 7%/an génèrent environ 243 000 €, dont 153 000 € d’intérêts composés
- Attendre 5 ans pour commencer coûte environ 85 000 € de capital final, à versements identiques
- Le temps est votre levier numéro un en investissement. Il ne se rachète pas.
Ce que je retiens, et ce que vous pouvez faire dès maintenant
Le système de retraite par répartition n’est pas en train de s’effondrer du jour au lendemain. Mais il se dégrade lentement, structurellement, sous le poids de la démographie. Et les projections du COR sont claires : pour un cadre du privé, la pension représentera moins de la moitié du dernier salaire d’ici 2050.
La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez anticiper. Pas en cherchant à battre le marché, pas en spéculant sur des actifs risqués. Simplement en ouvrant un PEA, en investissant régulièrement sur un ETF monde, et en laissant les intérêts composés faire leur travail sur la durée.
C’est exactement ce que j’ai commencé à faire en 2018. Si vous voulez voir concrètement comment choisir entre Trade Republic et XTB, ou comment j’utilise le PEA d’XTB au quotidien, mes deux vidéos ci-dessus sont le bon point de départ.
Vous voulez choisir votre courtier avant d’ouvrir un PEA ?
Voir mon comparatif XTB vs Trade RepublicQuestions fréquentes
À quel âge faut-il commencer à investir pour sa retraite ?
Le plus tôt possible. Comme la simulation le montre, commencer à 30 ans plutôt que 35 ans peut représenter 85 000 € de différence sur un investissement de 300 €/mois. Ce qui compte avant tout, c’est de démarrer, même avec des sommes modestes.
Le PEA est-il risqué ?
Investir en bourse comporte des risques et la valeur de vos placements peut fluctuer. Ce qui atténue ce risque sur le long terme, c’est l’horizon (20-25 ans) et la diversification via un ETF monde, qui répartit l’exposition sur des milliers d’entreprises. Historiquement, le MSCI World a produit environ 7% par an sur des périodes longues, mais ces données passées ne garantissent pas les performances futures.
Peut-on avoir un PEA et une assurance-vie en même temps ?
Oui, et les deux enveloppes sont complémentaires. Le PEA est optimal pour les actions européennes et les ETF. L’assurance-vie donne accès à d’autres types d’actifs, à une fiscalité différente après 8 ans, et offre des avantages spécifiques en matière de transmission. Elles répondent à des usages différents.
XTB ou Trade Republic : comment décider ?
Les deux ont des avantages selon votre profil. XTB offre plus d’instruments et un service client accessible en français. Trade Republic est très orienté mobile, avec une interface particulièrement simple pour débuter. J’ai fait un comparatif complet sur ma chaîne, je vous recommande de le regarder avant de choisir.
Que se passe-t-il si je retire de l’argent de mon PEA avant 5 ans ?
Avant 5 ans, tout retrait entraîne la clôture du plan. Vous perdez l’avantage fiscal et êtes imposé comme sur un compte-titres ordinaire, à la flat tax de 31,4%. C’est pourquoi le PEA convient uniquement à de l’épargne dont vous n’aurez pas besoin à court terme.



