Interactive Brokers a été un des premiers courtiers étrangers à proposer un PEA aux résidents français, depuis juillet 2024. Sur le papier, l’offre est séduisante : 0,05 % par ordre et un accès direct à toutes les places européennes. Dans les faits, le PEA Interactive Brokers vise un profil très précis, et ce profil n’est pas celui qui ouvre un PEA pour investir tranquillement.
- Un courtier américain solide (coté au Nasdaq, fondé en 1994) qui importe ses tarifs institutionnels dans le PEA.
- Frais de 0,05 % par ordre, mais un minimum systématique : en dessous de 2 500 € par ordre environ, vous payez plus qu’ailleurs.
- Plateforme (Trader Workstation) très puissante, mais conçue pour le trading actif, pas pour l’investissement passif.
- Pour un PEA classique d’investisseur long terme, XTB ou Trade Republic à 0 commission restent plus pertinents à mon sens.
- Ma note : 3/5.
- Frais de courtage parmi les plus bas du marché sur les gros ordres (0,05 %)
- Aucun frais de garde, de tenue de compte ni de transfert entrant
- Accès direct aux places européennes d’origine (Copenhague, Stockholm, Varsovie…)
- Solidité financière d’un acteur coté au Nasdaq
- Compte démo et outils d’analyse de niveau professionnel
- Minimum par ordre qui rend les petits ordres plus chers qu’ailleurs
- Plateforme complexe, vraie courbe d’apprentissage
- Protection irlandaise (ICS) et non le FGDR français
- Encore des pages non traduites en français
- Pas de fractions d’actions ni de rémunération des liquidités sur le PEA
Interactive Brokers et son PEA
Interactive Brokers (IBKR) est un courtier américain fondé en 1994, coté au Nasdaq et membre du S&P 500, avec plus de 4,4 millions de comptes clients dans le monde. C’est une maison sérieuse, financièrement très solide. Son PEA est ouvert aux résidents fiscaux français majeurs depuis juillet 2024.
Le PEA Interactive Brokers est un PEA classique : plafond de 150 000 € de versements, contributions en espèces et en euros uniquement, exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans (hors prélèvements sociaux à 17,2 %), et accès aux actions, ETF et fonds éligibles de l’Espace économique européen. IBKR donne accès à une quinzaine de places européennes, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, le Danemark, la Pologne ou les Pays baltes. La vraie différence avec un courtier français se joue ailleurs : sur les tarifs et sur la plateforme.
Le catalogue à un million de titres d’Interactive Brokers : un faux argument pour un PEA
IBKR met en avant un catalogue de plus d’un million d’instruments. Le chiffre impressionne, mais il faut le regarder de près : ce sont en grande majorité des produits dérivés, qui se déclinent à l’infini et gonflent mécaniquement le total. À mon sens, la largeur de catalogue n’est plus un argument aujourd’hui : tous les courtiers sérieux proposent largement de quoi investir, et même de quoi trader.
Dans le cas d’un PEA, l’argument tombe complètement. Les actifs éligibles sont limités par leur géographie : actions et ETF de l’EEE, point. Avoir accès à un million de titres ne sert à rien quand l’enveloppe n’en autorise qu’une fraction. Là où IBKR garde un intérêt réel, c’est sur l’accès aux places de cotation d’origine : vous pouvez acheter une action scandinave directement à Stockholm ou Copenhague, là où un courtier français vous la proposera parfois via Euronext, avec un coût supplémentaire.
Un courtier américain qui se francise, mais pas encore complètement
IBKR reste une plateforme pensée aux États-Unis. La filiale française se développe, mais on sent encore les coutures. Pendant ma prise en main, je suis tombé sur des pages liées au PEA toujours rédigées en anglais. Ce n’est pas bloquant, mais quand on confie son épargne fiscalisée à un acteur, ce genre de détail compte.

Autre point concret à connaître : le PEA passe par Interactive Brokers Ireland, régulé par la Banque centrale d’Irlande. La protection des fonds dépend donc du système irlandais (Investor Compensation Scheme), plafonné à 20 000 €, et non du FGDR français qui couvre jusqu’à 100 000 €. Ce n’est pas un drame vu la solidité du groupe, mais c’est une différence réelle face à un courtier français.
- Le PEA Interactive Brokers est classique : plafond 150 000 €, actions et ETF de l’EEE.
- Le catalogue géant n’apporte rien au PEA ; son vrai atout, c’est l’accès aux places d’origine.
- Protection via l’ICS irlandais (20 000 €), pas le FGDR français (100 000 €).
Comment j’ai évalué le PEA Interactive Brokers
Je n’ai pas détenu de PEA chez Interactive Brokers car j’avais un PEA chez Bourse Direct depuis 2018, que j’ai migré vers XTB en 2025. En revanche, j’ai ouvert un compte-titres chez IBKR, ce qui m’a permis de tester l’interface en conditions réelles : l’ouverture de compte, la connexion sur desktop, le passage d’ordre et le suivi de positions.
IBKR propose aussi un compte démo une fois le compte ouvert, ce qui est un vrai point positif pour se faire la main sans risque. Pour le reste, j’ai épluché la grille tarifaire officielle, le fonctionnement du PEA et le catalogue éligible.
Les frais du PEA Interactive Brokers
Les deux plans tarifaires d’Interactive Brokers
Le PEA Interactive Brokers n’a aucun frais de garde, de tenue de compte ni de transfert entrant. Sur le courtage, deux plans coexistent, et le piège est qu’ils ne sont pas équivalents.
| Plan tarifaire | Commission | Minimum / ordre | Remarque |
|---|---|---|---|
| Fixe (par défaut) | 0,05 % | 3 € | Activé automatiquement à l’ouverture |
| Dégressif | 0,05 % | 1,25 € (max 29 €) | À sélectionner manuellement dans les paramètres |
Première chose à faire dès l’ouverture : basculer du plan Fixe vers le plan Dégressif. Le pourcentage est identique, mais le minimum passe de 3 € à 1,25 € par ordre. Beaucoup de nouveaux clients l’ignorent et paient le double sur leurs petits ordres sans le savoir. Bon à savoir aussi : les frais de change sont quasi inexistants (0,002 %), un vrai atout pour acheter une action danoise ou suédoise sur sa place d’origine.
Le minimum par ordre : le vrai problème du PEA Interactive Brokers
Le tarif de 0,05 % est excellent. Mais il y a toujours un plancher de 1,25 € par ordre. Conséquence directe : en dessous de 2 500 € d’ordre, c’est le minimum qui s’applique, pas le pourcentage. Concrètement, un ordre de 500 € coûte 1,25 €, soit 0,25 % réel, cinq fois le tarif affiché. Pour profiter vraiment du 0,05 %, il faut passer des ordres au-delà de 2 500 €, et l’intérêt devient net surtout à partir de 10 000 €.
Or la plupart des versements sur un PEA, surtout en investissement programmé, se situent bien en dessous. La loi PACTE plafonne par ailleurs les frais de courtage en ligne à 0,5 % par ordre, ce qui protège tout le monde, mais ne change rien au constat : sur les petits montants, le PEA Interactive Brokers n’est pas le moins cher.
Frais de courtage pour un ordre de 1 000 € (action française, PEA)
Frais minimum par ordre, hors offres promotionnelles. Sur un ordre de 1 000 €, le minimum d’IBKR (1,25 €) le place derrière les courtiers à 0 commission.
IBKR publie d’ailleurs son propre comparatif de frais, mais calculé sur 100 puis 200 ordres de 5 000 €. C’est un volume de trader actif, pas d’épargnant, et il oublie de mentionner les courtiers à zéro commission. Ce cadrage révèle bien la cible visée : des profils qui font tourner du volume.

Frais annexes et crypto chez Interactive Brokers
Côté frais annexes, un détail à connaître : IBKR n’autorise qu’un retrait gratuit par mois, chaque virement supplémentaire coûtant 8 €. Rien de dramatique si vous ne retirez pas tous les quatre matins, mais c’est bon à savoir.
Pour la crypto, IBKR en propose, comme beaucoup de courtiers, mais je ne le recommande pas pour ça. Je préfère les plateformes spécialisées, qui offrent des frais bien plus bas (autour de 0,09 % chez Binance) et permettent de détenir réellement l’actif plutôt qu’un contrat. Dans un PEA, la question ne se pose de toute façon pas : la crypto n’y est pas éligible.
- Basculez sur le plan Dégressif dès l’ouverture : 1,25 € de minimum au lieu de 3 €.
- En dessous de 2 500 € d’ordre, c’est le minimum qui s’applique, pas le 0,05 %.
- Sur les ordres courants d’un PEA, ce minimum pénalise IBKR face aux courtiers à 0 commission.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais un exemple concret vaut mieux. Testez avec votre montant réel :
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La plateforme Interactive Brokers en pratique
Ouverture de compte et connexion sur desktop
L’ouverture d’un compte Interactive Brokers est traditionnelle, comme la plupart des courtiers aujourd’hui. Le formulaire reste long : pièce d’identité, justificatif de domicile, parfois un justificatif de revenus, et un questionnaire détaillé sur votre expérience d’investissement.

Pour le PEA, il faut d’abord disposer d’un compte-titres : IBKR crée alors un PEA en parallèle, dont la tenue est gratuite. Une fois connecté sur la version desktop, on accède au portail client puis aux plateformes de trading. L’écran de connexion donne tout de suite le ton : on est sur un outil professionnel, pas sur une application grand public.

Les outils de trading : Trader Workstation et IBKR Desktop
IBKR décline plusieurs outils du plus simple au plus pointu : la Trader Workstation (TWS), sa référence historique pour la profondeur de données et les ordres avancés, IBKR Desktop dans une version plus moderne, l’application IBKR GlobalTrader sur mobile, et des briques comme PortfolioAnalyst pour suivre la performance de ses comptes. L’écosystème est complet, mais dense.

Pour donner une idée concrète de la prise en main, voici trois extraits de la formation gratuite d’IBKR dédiée à son outil de trading desktop. Chacun illustre un usage clé.
Le passage d’ordre sur la Trader Workstation. On sélectionne le titre, le type d’ordre (marché, limite, stop), la quantité, puis on valide depuis le ticket d’ordre. Tout est sous les yeux, mais on est loin du simple bouton « acheter ».
Le paramétrage des ordres. IBKR propose plus de 100 types d’ordres et une foule de réglages : durée de validité, conditions de déclenchement, algorithmes d’exécution. C’est ce qui fait sa réputation auprès des traders, et ce qui peut dérouter au premier contact.
La personnalisation des graphiques. Indicateurs techniques, unités de temps, mise en page : l’outil graphique se configure dans le détail pour analyser un titre et préparer ses points d’entrée.
Le fait qu’IBKR doive proposer une formation entière pour prendre en main son interface en dit long. Pour un trader, cette richesse est un atout. Pour quelqu’un qui veut juste acheter un ETF World chaque mois, c’est de la complexité dont il se passerait volontiers.
Passage d’ordre et suivi de positions au quotidien
Sur l’interface desktop, le graphique occupe l’écran principal et le module de passage d’ordre s’affiche à droite. On y règle le sens (achat ou vente), le type d’ordre et le prix limite, avec le carnet d’ordres visible en temps réel. C’est précis et réactif, mais l’écran est chargé : il faut un temps d’adaptation pour ne pas se tromper de paramètre.

Le suivi de positions est, lui, complet : chaque ligne du portefeuille affiche la quantité détenue, le prix de revient, la valeur de marché et la plus ou moins-value latente, en temps réel. Pour un investisseur qui veut piloter finement son portefeuille, c’est un vrai plus. Pour un profil « j’achète et je laisse courir », c’est plus d’informations que nécessaire.

L’application mobile IBKR GlobalTrader
Sur mobile, IBKR mise sur l’application GlobalTrader, plus accessible que la Trader Workstation. On y retrouve l’essentiel : suivi du portefeuille, passage d’ordres, cours en temps réel. Mais elle garde l’ADN d’un outil de trading allégé, pas d’une application d’investissement grand public. Faire du trading sérieux sur un écran de téléphone reste inconfortable, là où la TWS sur desktop prend tout son sens. Pour de l’investissement long terme en revanche, une app mobile simple suffit, et c’est précisément le terrain où les néocourtiers gardent l’avantage.

Retour d’expérience : Quentin
Quand j’ai testé l’interface via mon compte-titres IBKR, j’ai été partagé. La puissance est réelle : on sent l’outil conçu pour des gens qui passent leur journée sur les marchés. Mais j’ai mis un bon moment à simplement passer un ordre au marché, le temps de comprendre les paramètres. Pour mon PEA, où je fais surtout du DCA sur des ETF, je n’avais aucun besoin de tout ça.
- Ouverture de compte plus longue et plus technique que chez un courtier français.
- Plateforme desktop très complète (passage d’ordre précis, suivi de positions détaillé), mais exigeante.
- L’app mobile GlobalTrader couvre l’essentiel, mais reste un outil de trading allégé.
Pour qui est fait le PEA Interactive Brokers
Interactive Brokers est globalement orienté trading actif, avec des capitaux importants. C’est cohérent avec sa logique tarifaire et avec ses outils. Pour un investisseur classique, le marché des néocourtiers propose plus simple et souvent moins cher. Mon simulateur PEA aide d’ailleurs à trancher selon votre profil.
| ✅ Le PEA IBKR est fait pour vous si… | ❌ Passez votre chemin si… |
|---|---|
| Vous avez un profil trader avancé et passez de gros ordres | Vous débutez et cherchez la simplicité |
| Vous voulez investir sur des places européennes de niche (Copenhague, Stockholm…) | Vous faites surtout du DCA sur des ETF en petits montants |
| Vous êtes à l’aise avec une plateforme technique | Vous voulez le 0 commission pur (XTB, Trade Republic) |
| L’optimisation des frais sur gros volume est votre priorité | Vous voulez une app mobile pensée pour l’investissement |
Pour résumer : le PEA Interactive Brokers a du sens si vous êtes un trader actif, à l’aise avec une plateforme technique, et que vous passez des ordres d’un montant conséquent. C’est là que ses frais dégressifs et son accès direct aux places européennes font la différence. Pour un investisseur long terme qui programme ses achats d’ETF, c’est beaucoup d’outil pour peu de bénéfice : un courtier à 0 commission comme Trade Republic fera le travail plus simplement et moins cher.
- Le PEA IBKR vise le trader actif et les gros ordres, pas l’épargnant classique.
- Son vrai intérêt : l’accès direct aux places européennes et les frais dégressifs sur gros volume.
- Pour un PEA long terme classique, un courtier à 0 commission reste plus simple et moins cher.
Mon verdict sur le PEA Interactive Brokers
/5
Un excellent courtier, mais dans la mauvaise enveloppe pour la plupart des gens. Le PEA Interactive Brokers brille pour le trader avancé à gros volume, beaucoup moins pour l’investisseur long terme, mieux servi par un courtier à 0 commission.
Vous cherchez le PEA le plus adapté à votre profil avant d’ouvrir ou de transférer ?
Questions fréquentes sur le PEA Interactive Brokers
Le PEA Interactive Brokers est-il vraiment moins cher que les autres ?
Sur les gros ordres, oui : à 0,05 % de commission, IBKR fait partie des moins chers du marché. Mais un minimum de 1,25 € par ordre s’applique toujours sur le plan Dégressif. En dessous de 2 500 € d’ordre, c’est ce minimum qui compte, et des courtiers comme XTB ou Trade Republic, à 0 commission, deviennent plus avantageux. Tout dépend de la taille de vos ordres.
Depuis quand peut-on ouvrir un PEA chez Interactive Brokers ?
Depuis juillet 2024. IBKR a été l’un des premiers courtiers étrangers à proposer un PEA conforme à la réglementation française, une enveloppe longtemps réservée aux acteurs hexagonaux.
Faut-il déjà avoir un compte chez IBKR pour ouvrir un PEA ?
Oui. L’ouverture d’un PEA passe par un compte-titres Interactive Brokers. Si vous n’en avez pas, il est créé automatiquement en parallèle de votre PEA. Sa tenue est gratuite, donc cela n’entraîne aucun frais supplémentaire. Un dépôt minimum de 10 € active ensuite le plan, et c’est la date de ce dépôt qui fixe l’antériorité fiscale.
Peut-on transférer un PEA existant vers Interactive Brokers ?
Oui, le transfert est possible et IBKR ne facture pas de frais pour recevoir votre PEA. Comptez plusieurs semaines, parfois quelques mois, pendant lesquels vos titres sont gelés. Attention : n’alimentez surtout pas votre PEA IBKR avant la validation définitive du transfert, sous peine de le voir requalifié en nouvelle ouverture.
Quelles sont les limites du PEA chez Interactive Brokers ?
Comme tout PEA, il est limité aux actions et ETF de l’Espace économique européen. Côté IBKR, certaines fonctionnalités phares ne sont pas disponibles dans cette enveloppe : pas de fractions d’actions, pas de rémunération des liquidités non investies, et pas de compte multidevise. L’interface, enfin, reste plus complexe que celle des néocourtiers.
Interactive Brokers ou XTB pour un PEA ?
Pour un investisseur long terme qui fait du DCA sur des ETF, je penche pour XTB : 0 commission et une application pensée pour l’investissement. Interactive Brokers garde l’avantage pour un profil trader avancé, à gros volumes et à l’aise avec une plateforme technique. C’est une question de profil, pas de qualité du courtier.




